Etpuis, pourquoi pas un blogue. Comme le simple désir de dire. S'écrire, ou s'écrier. Comme pour se dire que l'on est lu. Alors ça commence avec un mot.
Chantez comme des chiens
Aux grippes vilaines
Et feu à volonté
N'esperez rien de moins
Les mains écorchées
aux ongles trop longs
Elles sont faites pour voler,
pour offrir la souffrance,
la douleur
Feu à volonté
Une nuit à crédit
Les assiettes sont encore propres
et les ventres vides
Feu à volonté
Tirez partout!
Faites mourrir plusieurs enfants à la fois
Et surtout,
Ne me faites pas la morale
À moi et à tous les miens
Qui ne voulons plus vivre
Et en ligne devant le peloton d'éxécution
Ou assis à travers l'urine et les terroristes,
Dans une école primaire
Ou même dans une, ou deux, tours d'une métropole occidentale
Feu à volonté
à M. B. M.
ton absence fait tomber la neige sur la Grèce
Je te déteste
D’être si beau
Pour rien
Rien que tes silences
ffice
ffice" />
Poème à trois mots
Les matins où l’on avait pris milles heures avant d’agir
Les matins où chaque cafés devaient être le dernier
Et les baisers de nos gueules de bois
Tous nos chemins
Usés
Puis refaits
Les souvenirs d’une cigarette après l’autre
J’y retournerai,
À l’air du jardin
La même raison m’y anime
L’autre
Pûre comme la douleur du matin
Du même mystère que la fée
S’aimant à feux vifs
Boire après l’autre
Ou pour
Maudire l’aumône régurgitée
À flots de vie
Ou à vœux de croix
Mon visage froissé d’envie
Tous les mots sur un fil
Dérangés par le silence
D’une bière d’Amsterdam
La folie circule
Du briquet à la cigarette,
De la bière à la bouche
Et des maux à mon ventre
Je ne veux entendre aucune musique;
Tu ne chantes plus
Je veux que tous se taisent
Surtout les poètes
Ils n’ont rien à dire de plus que les autres
Sauf moi
Je n’aurai jamais rien dit
Se taire
Subir
Toujours se taire
J’ai l’habitude des nuits blanches
Mais cette nuit j’aurais dormi
D’un sommeil d’ailleurs
Et d’hier
D’une nuit profonde et rassurante comme la naissance
J’aurais saisi le repos
Pour l’offrir
J’aurais fait de ta peau
Le plus bel endroit pour n’y placer que trois mots
Mes matins sont sans chats
La Grèce s’éloigne en voyant mes mains faiblir
Et la maison d’Émilien
J’irai à marteau ardent
Aux heures de zèle
Me briser le dos
Sur les murs d’un rêve
Et les fenêtres d’une ivresse jeune
Au fur
Et à mesure
Que les chats quitteront la cave
Y arriveront les oiseaux pour nous chanter des histoires de lapins
Ou de sorcières
Dans lesquelles des colombes noires
Dispersent leurs secrets
Et l’aube nous brûlera les yeux
D’en abuser
Une musique à ne rien gâcher
Nos mains
Cherchant l’aube
Comme dans le noir
Et les couvertures
De ton côté
Je ne me plaindrai pas du froid,
Mais la distance…
La peau d’entre tes épaules
Meurtrie et délicate
Douce à s’en rompre
Un point de beauté
Sur ta hanche
Dans un puits de soleils couchants
De l’ambre des merveilles
D’un Septembre à son Avril
À mourir demain
Je jouis de vous voir saliver
C’est un plaisir simple
De vous voir mordre d’espoir
D’être à ma place
Nul devant rien
Et de toutes choses
J’ai les mots prêts
De dire facile
Et de mentir
Rien à inventer
Ni mots d’essences
Sur une trace de vrai
Encore ce silence
Nocturne
Inapaisable
Mais vrai
L’aube d’une longue nouvelle
Absente
Déjà vieille mais brûlante
Ton prénom suffit
Quand il est à moi
Mais le tien
La fatigue me prend
Du désir de mémoire
Mais l’avenir me scie (si)
Il était possible
Faisons comme il a déjà dit
Ce pauvre lui-même, seul
Et comme nos promesses
Par respect pour les mots;
Il nous faut prendre la route
Des vallées yougoslaves
À la mer Adriatique
De l’île d’Hydra
Jusqu’aux festivités du Brésil
Des chemins de fleurs
Des matins
Des cafés du bon vin
Et des poèmes
À la pâte
Y mettre la main
Pour un père
Le seul
Mon ami, le maître,
Lui-même, le seul
Devenir vaillant et aimer l’être
Prendre les routes sans nom
Y planter la vérité
Seuls avec elle
Qu’elle soit à milles temps
La valse
Ou à trois
Ou à quatre
Elle est un printemps
Et le prétexte d’un sourire que l’on oublie jamais
Et la mort
Neuve
Chaste et simple
Comme la mort
J’ai mauvaise mine
Mais bonne mémoire
Sans compter la parole
Et ces trois petits mots.
Nuits du 22 au 23 et du 23 au 24 novembre 04
Roby Barrette
Hier c'était la nuit et je n'avais surtout pas sommeil. Prendre l'air. Je n'avais jamais cru que mon thermomètre (made in china) pouvait contenir une nombre négatif de cette envergure. Je ne cessais de me dire qu'aller marcher ne me servirait à rien. Mais comme je ne m'écoute à peu près jamais, j'y suis quand même allé. L'humidité de l'air n'a pas fait mieux que de me réveiller encore plus. Après moult cigarettes, ne me restait qu'à retourner sur mes pas. Et puis, voilà. Belle comme jamais, douce et vive. J'ai bu une bière avec mon ex et sa soeur. La nuit était finie. Le reste de la nuit j'ai, encore comme toujours, penser à elle.
C'est à se dire que, merdouille, c'est pas facile la vie. Et encore moins plaisant.
J'écrierai davantage une fois au bout de mon sang.
C'est la faute à Magali,
À ma Gali à moi,
À Magali-mélo,
À la gamme égale à Mi,
L'amalgame à Galilée,
À ma Magali à moi
À ma Magali-mélo;
Je l'aime la Magali
Un ami a voulu mourrir. Le problème avec cela, c'est que je lui donne raison. Je l'aurais voulu moi aussi. Non pas qu'il meurt, mais pour moi. Lui s'est raté, moi je me suis dégonflé. Nous souffrons ensemble, moi et lui, depuis trois mois. Et pourtant nous vivons. Même s'il pleut sur la neige, même ivre-mort. À défaut de vouloir parraître pour une de ces lopettes de poètes qui se bat contre sa propre vie, je vous dirai plutôt que moi, je la subit.
Ça commence le matin; gueule de bois. Ensuite c'est les roties trop roties, puis le détecteur de fumée qui se paie ma tête. Il n'y a plus de café, j'ai échappé mon dernier clope dans l'eau et je ne trouve pas ma cassette de Cohen. On devrait alors se dire qu'il faut se rendormir, mais con comme on est, on continue. Découverte. J'ai les trippes pleines d'amibes; diharée.
Si je sors de chez moi, je vais me prendre une râclée par une bande de punks occultes néo-terroristes ou bien je vais me faire happer par une voiture de flics qui roulent très vite vu l'urgence. Alors je ne bouge plus. Jusqu'à quand?